
« On ne peut pas […] chauffer à plein régime des terrasses en plein hiver lorsqu’il fait zéro degré pour le simple plaisir de boire son café en terrasse en ayant chaud. » La ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili, a annoncé lundi 27 juillet l’interdiction des terrasses chauffées au printemps 2021, après l’hiver prochain. Critiquée par les restaurateurs, cette mesure proposée par la convention citoyenne pour le climat, retenue par Emmanuel Macron et validée en conseil de défense écologique, doit selon la ministre « mettre fin à des pratiques qui constituent des aberrations écologiques et qui conduisent à des surconsommations complètement injustifiées d’énergie ».
Le débat sur l’impact écologique des terrasses chauffées n’est pas nouveau. En 2008 déjà, des députés avaient déposé une proposition de loi pour interdire les braseros, ces « parasols chauffants » fonctionnant au gaz. Déjà à l’époque, l’idée avait suscité la colère des professionnels et avait été rejetée par les députés. Depuis, seules quelques villes avaient sauté le pas, notamment Thonon-les-Bains (Haute-Savoie) en 2012 et Rennes (Ille-et-Vilaine) début 2020.
Lire aussi Conseil de défense écologique : du concret… à petits pas
Le bilan carbone de trois tours du monde en voiture
Si le gaspillage d’énergie pour chauffer l’extérieur est incontestable, quel est le réel bilan écologique des terrasses chauffées ? En 2009, le cabinet de conseil Carbone 4 s’était lancé dans le calcul, rapporte Le Figaro. En huit heures de fonctionnement seulement, une terrasse équipée de quatre braseros polluait autant qu’un trajet de 350 kilomètres en voiture.
En janvier dernier, Thierry Salomon, ingénieur énergéticien et cofondateur de l’association négaWatt a lui aussi fait le calcul, en prenant pour exemple une terrasse de 15 mètres de long sur 5 de large. Équipée de cinq braseros allumés de 8 heures à 22 heures chaque jour, de mi-novembre à mi-mars, elle émet 13,7 tonnes de CO2 par hiver, de quoi faire trois fois le tour de la terre en voiture !
Et pour la même terrasse, chauffée cette fois par dix radiateurs électriques radiants infrarouges, sur les mêmes horaires et pendant la même période, la consommation électrique équivaut à 25 200 kW. C’est la consommation annuelle moyenne de neuf familles, note l’ingénieur. Pour François de Pena, président de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (Umih) d’Ille-et-Vilaine, ces calculs le démontrent bien : « L’impact écologique est trop fort pour un petit filet d’air chaud au-dessus de la tête pendant son café. »
Source: lepoint.fr
Комментариев нет:
Отправить комментарий