вторник, 26 мая 2020 г.

Quand le roi Juan Carlos se baladait à Genève avec 2 millions de dollars

Grand pays, grand cadeau ; petit pays, petit cadeau. En 2008, le roi Juan Carlos s’était vu offrir 100 millions de dollars par le roi Abdallah d’Arabie saoudite. En 2010, Hamed ben Issa al Khalifa, le roi de Bahreïn, ne lui a consenti qu’une aumône de 1,9 million de dollars. Mais le souverain espagnol n’a pas fait la fine bouche. Non seulement il a accepté l’argent en liquide, mais il a tenu à transporter lui-même le cash à Genève ! Habituellement, ce sont les seconds couteaux qui charroient les valises de billets, à leurs risques et périls. Juan Carlos a sans doute profité de l’immunité de sa fonction pour s’acquitter de cette tâche.

« Combien ça pèse, 1,9 million de dollars ? » avait l’habitude de demander un juge d’instruction genevois, curieux de savoir si le magot entrait dans des sacs, des valises, avec ou sans roulettes, et ses dimensions. Apparemment, le fait qu’un monarque puisse se balader dans la cité de Calvin avec une telle somme ne semble pas avoir éveillé la curiosité des financiers suisses. « Juan Carlos est très apprécié dans les pays du Golfe. Il rentrait d’Abu Dhabi. Il est venu chez moi, à mon domicile privé. Il est venu déjeuner avec une valise d’argent. J’ai fait un rapport de visite », a déclaré en octobre 2018 le dirigeant de la société Rhône Gestion à la justice genevoise.

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S’agissait-il bien d’un don de Bahreïn ?

La Tribune de Genève rapporte qu’une semaine après cette visite royale les 1,9 million de dollars sont crédités sans problème par la banque Mirabeau sur le compte de la fondation panaméenne Lucum, dont Juan Carlos est l’unique bénéficiaire. Implantée notamment en France et en Espagne, Mirabeau, spécialisée dans la gestion de fortune, est l’un des plus anciens établissements bancaires de Suisse. Elle a fêté l’année dernière ses deux cents ans d’existence. Mais la banque ne semble pas avoir totalement assimilé ses obligations en matière de blanchiment d’argent. D’autant qu’un monarque est une personnalité forcément exposée. Au minimum, Mirabeau aurait dû se demander s’il s’agissait bien d’un don du roi de Bahreïn. Et, pour l’anecdote, pourquoi ce dernier se montrait-il généreux vis-à-vis de Juan Carlos ? Un contrat avait-il, par hasard, été signé entre l’Espagne et ce petit pays du Golfe autour des années 2010 ?

Cette révélation risque d’enterrer encore un peu plus profondément le mythe de Juan Carlos. Déjà, à la suite de la découverte, en mars 2020, d’un don de 100 millions de dollars venu d’Arabie saoudite, le roi Felipe VI annonçait qu’il renonçait à tout héritage de son père et qu’il lui retirait sa pension annuelle. En revanche, à 82 ans, l’ancien souverain échappe à la justice genevoise qui a ouvert une enquête pour « soupçon de blanchiment d’argent aggravé ». Cette enquête ne concerne que la banque Mirabeau, un avocat et un dirigeant de la société Rhône Gestion.

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Source: lepoint.fr

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