воскресенье, 21 июня 2020 г.

Remplacer la Fête de la musique par une fête du silence, quelle bonne idée !

Idée. « Faites de la musique. » L’injonction provoque la sympathie. Institutionnalisé depuis une quarantaine d’années, l’événement français, lancé par le ministre de la Culture, se déroule désormais dans une centaine de pays. Belle exportation d’une manifestation joyeuse concoctée par Jack Lang. À l’occasion du solstice d’été, dans l’hémisphère nord, et donc de la nuit la plus courte de l’année, tout le monde se couche tard, tout le monde devient un peu fêtard. Les petits orchestres amateurs se produisent. Artistes reconnus et musiciens anonymes prennent la rue. Tout ceci relève du beau projet et rappelle de bons souvenirs.

La réalité, cependant, se teinte de plus en plus de mauvais rap, de sono aux basses à fond, de beuglements intempestifs. La Fête de la musique dérive en pochardise avec libations et bastons. L’occasion ne fait pas forcément les mélodies et les révélations. Elle fait les larrons et les pochtrons. Aux nuisances sonores tardives s’ajoutent les agressions. C’est la défaite de la fête. Certes, la généralisation est abusive.

Dans les villages, le 21 juin renoue avec des traditions bien anciennes, même si c’est au rythme des guitares électriques. L’opération donne de la vie et du sourire. Dans les grandes villes, en revanche, malgré les annonces béates des édiles dits progressistes, c’est la crainte et la pagaille. On doit pouvoir faire mieux. Pour que la Fête de la musique n’exacerbe pas encore, sur une nuit, toutes les tares et tous les problèmes de l’année.

Mode d’emploi. Les collectivités publiques aspirent à un encadrement plus strict, notamment en période de risques sanitaires et sécuritaires. Il s’agit de délimiter dans le temps et dans l’espace les quartiers qui se mobiliseront et ceux qui resteront tranquilles. Santé publique, sécurité routière, protection des biens et des personnes sont en question.

Quand le 21 juin tombe en plein milieu de la semaine, ceux qui travaillent et souhaitent dormir sont dérangés par la puissance des amplis et des cris. Certains ont préconisé que l’événement s’organise au premier vendredi ou samedi de l’été. Il faut probablement faire plus fort. Une option, autorisée par le contexte contemporain, consiste à restreindre davantage encore les horaires et lieux de rassemblement pour le tambourinage.

Une autre, plus radicale, consiste à annuler ce rendez-vous. Là aussi les circonstances l’autoriseraient. La Fête de la musique se transformerait en fête de la tranquillité, à reproduire chaque année. Le silence de la ville a été particulièrement apprécié pendant le confinement. Pourquoi ne le serait-il pas une fois l’an ? Si les villes sans voiture limitent le brouhaha urbain, pourquoi en accepter une forme extrême ? Il faut certainement de la mesure en toute chose. La Fête de la musique, à la Jack Lang, peut s’adapter. Fête de la liberté, elle doit admettre que la liberté s’arrête nécessairement à la souffrance des esprits et des oreilles des autres. Appelée par la nécessité de mieux lutter contre cette plaie permanente qu’est la pollution sonore, la révision de la Fête de la musique s’impose. En fêtant le silence.

Source: lepoint.fr

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