
Il s’agirait du plus puissant cyclone à se former dans le golfe du Bengale depuis le début de ce siècle. Depuis 24 heures, le cyclone Amphan dévaste de larges territoires de l’Inde et du Bangladesh. Les deux pays ont fait état respectivement d’au moins 72 morts (dans l’État indien du Bengale-Occidental) et de 12 morts, selon les premiers bilans provisoires. Le cyclone a provoqué d’importantes inondations, détruisant les habitations et les cultures.
Rompues à la gestion de cyclones et bénéficiant de systèmes de surveillance météorologique efficaces, les deux nations d’Asie du Sud avaient évacué à titre préventif plus de 3 millions de personnes dans des abris. « C’était une tempête puissante. Mais elle a graduellement perdu de la puissance durant trois jours avant de frapper l’État indien du Bengale-Occidental », a déclaré à l’Agence France-Presse Nayeem Wahra, expert en catastrophes naturelles au Bangladesh.
Lire aussi Covid-19 : les leçons à tirer de la baisse des émissions de CO2
10 millions de personnes sans électricité
Apparu ce week-end au large de l’Inde, Amphan (se prononce « um-pun ») a touché terre mercredi en fin de journée au sud de la grande ville de Calcutta, accompagné de vents autour de 165 km/h et de pluies diluviennes. Pendant que les vents se déchaînaient sur la ville bangladaise de Tala, Shafiqul Islam a passé trois interminables heures abrité sous son lit avec sa femme et ses deux enfants, rongé par le remords d’avoir fait une « énorme erreur » en ne se rendant pas dans l’un des abris anticyclone. Quand il a enfin pu ressortir, « la maison était détruite. La plupart des maisons de nos voisins étaient par terre », a constaté cet agriculteur de 40 ans. « Nous sommes passés à deux doigts de la mort », soupire-t-il.
En abattant des poteaux électriques, sectionnant des câbles et détruisant des transformateurs, le cyclone a entraîné des coupures d’électricité pour 15 millions de Bangladais. Jeudi matin, 10 millions d’entre eux étaient toujours privés de courant. Dans la ville bangladaise de Buri Goalini, l’une des plus touchées, « le cyclone n’a pas tué de gens. Mais il a détruit nos moyens de subsistance », a déclaré à l’Agence France-Presse Bhabotosh Kumar Mondal. Ce responsable de la municipalité décrit « un sillage de dévastation inouïe ».
Une « onde de tempête » – brusque montée des eaux engendrée par les vents – parfois haute de trois mètres a submergé une partie du littoral et fait déferler des flots d’eau salée dans les villages. Selon Nayeem Wahra, « l’onde de tempête » provoquée par le cyclone Amphan a néanmoins été moins haute que redoutée par les météorologues.
Lire aussi Climat : ne croyez pas les alarmistes
Des rafales à 240 km/h
De l’autre côté de la frontière, en Inde, le constat est identique et les dégâts également de grande ampleur. « Le cyclone Amphan a ravagé le littoral du Bengale-Occidental. Des milliers de maisons ont été mises à bas, des arbres déracinés, des routes submergées et des cultures détruites », a déclaré à la presse Mamata Banerjee, la ministre en chef de l’État.
Au terme d’une nuit de terreur, les 15 millions d’habitants de Calcutta se sont réveillés avec le spectacle d’une ville aux rues inondées, des voitures remplies d’eau parfois jusqu’aux fenêtres et des axes de circulation bloqués par les arbres et poteaux électriques tombés par terre. Des images montrent la piste de l’aéroport recouverte d’eau.
Lire aussi Le changement climatique a coûté plusieurs milliards de dollars en 2019
Jeudi, le cyclone Amphan avait faibli dans sa progression vers le nord, au point de passer au stade de simple dépression tropicale. Il avait atteint lundi la catégorie 4 sur 5 sur l’échelle de Saffir-Simpson, avec des vents de 200 à 240 km/h. Il s’agit du plus puissant cyclone à être né dans le golfe du Bengale depuis 1999, date à laquelle un cyclone avait entraîné la mort de 10 000 personnes dans l’Odisha, État côtier de l’est de l’Inde.
Source: lepoint.fr
Комментариев нет:
Отправить комментарий