Entre deux alertes infos sur le coronavirus, la caravane de la mode poursuit son circuit de la Fashion Week parisienne, et court de défilé en défilé. Et entre la bourgeoise de Celine et la vision apocalyptique de Balenciaga, elle soigne ses inquiétudes avec les chants gospel des messes de Kanye West.
Aller à la messe de Kanye West
Ça s’appelle les « Kanye Sunday Services » et chaque dimanche depuis début 2019, cet office religieux gospel organisé par le chanteur Kanye West électrise son auditoire. Organisée ce dimanche 1er mars pour la première fois à Paris, cette messe à l’américaine a pris place aux Bouffes du Nord.
Dans cette salle au charme brut, classée monument historique : Kim Kardashian, la femme de Kanye West, papotant avec le créateur Olivier Rousteing, un ami de la famille, Cédric Charbit, PDG de Balenciaga, assis à côté de Jean Touitou, fondateur d’A.P.C., plus loin le chef Jean Imbert et le designer Simon Porte Jacquemus. Au centre, le petit piano en bois a rapidement été encerclé par des dizaines de choristes tous vêtus de beige, un meneur de cérémonie, et Kanye West donc, discret mais manifestement en état de grâce. Au beau milieu d’une semaine de la mode qui, même si elle continue, n’en reste pas moins assombrie par le coronavirus, cette heure et demie de chants et de danses à la gloire de « Lord Jesus » avait de quoi mettre en joie, même les plus athées de l’assistance. Serait-elle suffisante pour avoir la foi dans la nouvelle collection de Yeezy, la marque du père Kanye, qui sera présentée lundi 2 mars à Paris ?
Marcher sur l’eau chez Balenciaga
Après le Sunday Service de Kanye West, direction la messe de Balenciaga, dans les studios de Luc Besson à Saint-Denis. Une vaste salle sombre, des rangées de sièges, dont les premiers rangs semblaient comme immergés, une musique à tachycardie et au plafond, des projections d’images d’orages, d’incendies, de mer déchaînée. Ambiance fin du monde comme souvent chez Balenciaga mais cette saison, l’actualité donne à la mise en scène un écho particulier. Sur le podium immergé de quelques centimètres d’eau, les mannequins, ou plutôt les « vraies gens » (des artistes, architectes, secrétaires, étudiants, musiciens…), faisaient danser l’eau de leur démarche décidée. C’est donc une messe d’un autre genre que celle de Kanye, moins enjouée, plus dramatique mais d’une tenue impeccable, que ce soit les robes du soir ou les grandes capes de pluie vernies. Saison après saison, le directeur artistique Demna Gvasalia questionne avec intelligence les proportions, les tord, les exagère pour sculpter une nouvelle silhouette, à la fois dérangeante et fabuleuse.
Être à l’heure chez Celine
Vendredi 28 février, il s’agissait de ne pas trop traîner au bar de la place Vauban avant le défilé Celine. À 20 h 43, soit moins de quinze minutes après l’heure indiquée sur le carton, les portes se fermaient devant les retardataires qui avaient beau courir, c’était peine perdue. À l’intérieur de la boîte vitrée installée sur la place Vauban, Jane Birkin, Isabelle Huppert ou encore la chanteuse Clara Luciani étaient priées de s’asseoir pour que le show puisse commencer rapidement. Et s’il y en a un qui sait lancer un défilé, c’est bien Hedi Slimane, directeur artistique depuis 2018. Les lumières s’éteignent et comme chaque saison, le show débute avec une monumentale structure lumineuse. Celle-ci pivote pour former le logo historique en forme de double C qui fait le succès des sacs. C’est alors que sort la première mannequin sur les premières notes de « Get Out of my Head », une musique écrite exclusivement pour le show par Sofia Bolt. Cohérente et extrêmement désirable, la collection mixte poursuit son exploration du vestiaire de la bourgeoisie chic, sûre d’elle, un brin bohème. Une réinvention made in Slimane qui a enterré, pour le moment en tout cas, le streetwear.Lire des articles en Français lepoint.fr


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